Macronisme

Incapable de s’attaquer au chômage, Macron s’attaque aux chômeurs

Avec sa réforme du contrôle des chômeurs, Macron s’inscrit dans les pas de Wauquiez et de Sarkozy : à droite toute. Plutôt que de s’attaquer au chômage, il s’attaque aux chômeurs. Passage en revue de ses mensonges.

La fraude des petits est une petite fraude : le Gouvernement décide un plan contre la fraude des chômeurs qui ne coûte à l’État que 60 millions d’euros, mais rien contre la fraude à l’impôt des sociétés qui lui coûte 27 milliards d’euros. Selon Pôle Emploi lui-même, le nombre de fraudeurs ne concerne que 0,4% des cas. Pourtant, Macron a décidé de tripler les équipes de contrôle de Pôle Emploi, en transformant 400 agents de conseil et d’accompagnement en contrôleurs.

En même temps, il organise l’impunité vis-à-vis de la fraude patronale qui nous coûte des milliards : 45 postes de contrôleurs de la DGCCRF (répression des fraudes) sont supprimés dans le budget 2018. Le Gouvernement vient même d’accorder un « droit à l’erreur » aux employeurs. 6,6 millions de Français sont inscrits à Pôle Emploi (seulement 41,89% d’entre eux sont indemnisés). Plus de 500 000 offres sont disponibles sur le site, mais les deux tiers viennent de sociétés privées, des plateformes de diffusion d’offres majoritairement liées à l’interim.

Problème : répondre à une offre d’emploi donne peu de résultats selon une étude de l’Insee de 2017. Seuls 7% des demandeurs n’ont trouvé un emploi en répondant aux annonces Pôle Emploi. Pire, selon une étude, une offre sur deux est illégale ou inutile : discriminations, offres bidons, arnaques, offres frauduleuses, doublons, triplons et quadruplons, fichage des chômeurs… Or, Macron veut renforcer les contrôles et alourdir les sanctions. Les allocations pourraient être réduites soit de moitié, soit en totalité, pour ceux qui ne cherchent pas vraiment. Pourtant, être radié deux semaines ou deux mois n’a jamais remobilisé personne…

Macron fait du Wauquiez. Il s’inscrit totalement dans les pas de la pire droite, celle de Sarkozy, en tapant sur les demandeurs d’emploi pour les dépeindre en assistés. Pierre Gattaz réclamait même en octobre un « contrôle journalier » des chômeurs… Mais si les Français étaient à ce point-là des assistés, comment expliquer que 36% des personnes éligibles au RSA ne le réclament pas ? Tout comme 34% des personnes éligibles à la CMU, et 70% des personnes éligibles à l’ACS (aide à la complémentaire santé) ?

De plus, les privés d’emploi ont cotisé pour toucher leurs indemnités. Les indemnités Assédic ne sont pas un revenu d’assistance versé par charité, c’est un droit pour lequel une partie du salaire brut a été prélevé. C’est donc notre argent, pas celui de Pôle Emploi !

Une nouvelle fois, le but réel de cette réforme est en fait de réaliser des économies sur le dos des Français. 1) En réduisant les indemnités chômage versées aux demandeurs d’emploi. 2) En augmentant les radiations pour baisser artificiellement le taux de chômage du pays. Elle entraînera également des baisses de salaires : Macron veut que tous les chômeurs soient obligés d’accepter des postes rémunérés jusqu’à moins 25% par rapport au précédent emploi, sous peine de radiation.

Pour s’attaquer au problème du chômage, plutôt que de faire du Sarko, il faut changer de logique. Les profits des entreprises doivent être investis non pas vers les actionnaires (1000 milliards d’euros distribués en dividende en 2017 !), mais pour sécuriser l’emploi. Plutôt que de sans cesse réduire les effectifs d’inspecteurs du travail, d’inspecteurs du fisc ou de la répression des fraudes, il faut les doubler. Un investissement qui rapporterait gros à l’Etat : des milliards d’impôts en plus. De quoi financer un vrai plan pour l’emploi !